Image d'actualité

Namon : le dernier bastion du troc traditionnel au cœur de Dankpen 2

Développement

24 févr. 2026 par

La rédaction

Au sein de la commune de Dankpen 2 (environ 467 km du Nord de Lomé, capitale du Togo), le marché de Namon s’impose comme un véritable symbole de résilience culturelle et économique. Chaque jeudi, de 8h00 à 21h00, ce grand carrefour commercial devient le théâtre d’une pratique rare : le troc traditionnel, perpétué avec fierté par les populations locales.


À l’heure où les transactions monétaires dominent les échanges, Namon fait figure d’exception. Ici, les céréales notamment maïs, mil, fonio et autres produits du terroir peuvent servir de monnaie d’échange. Toute personne disposant de ces denrées peut obtenir en retour des biens essentiels : volailles, chèvres, moutons ou divers produits de consommation courante. Une organisation qui permet à chacun d’accéder au marché, même en l’absence de liquidités.


Pour les acteurs du marché, cette pratique dépasse largement la simple transaction commerciale.

« Ici, nous ne parlons pas seulement de vente, nous parlons de relation », confie Arris Bonfo, éleveur de volailles rencontré sous un hangar animé.

« Quand quelqu’un vient avec son maïs, je sais que c’est le fruit de son travail. Nous discutons, nous évaluons, et chacun repart satisfait. », a-t-il ajouté.


Pour beaucoup, le marché de Namon représente également un lieu de transmission culturelle. « Nos parents faisaient déjà comme ça. Nous continuons pour que nos enfants sachent d’où nous venons », explique un ancien collecteur du marché, observant l’effervescence des échanges.


Considéré comme l’un des plus grands marchés de la région, Namon attire chaque semaine, commerçants, agriculteurs et visiteurs curieux de découvrir cette pratique rare. L’ambiance y est marquée par la convivialité, les négociations animées et les retrouvailles hebdomadaires.


Plus qu’un simple mode de transaction, le troc à Namon est une institution sociale. Il traduit un modèle économique fondé sur la solidarité, la confiance et la réciprocité. Les échanges ne reposent pas uniquement sur la valeur marchande des produits, mais aussi sur les relations humaines qui se tissent au fil des rencontres hebdomadaires.

« Le troc permet à tout le monde de manger. Même si une famille n’a pas d’argent, elle peut échanger ce qu’elle a produit. Cela renforce la solidarité entre nous. », souligne Azia Méimounatou Faré, commerçante de céréales depuis plus de quinze ans.  


À travers cette pratique ancestrale, la commune de Dankpen 2 affirme son attachement à la préservation du patrimoine local et à la promotion d’une économie inclusive. Le marché de Namon demeure ainsi le dernier bastion du troc traditionnel, un espace où modernité et héritage culturel cohabitent harmonieusement.


Chaque jeudi, Namon rappelle qu’au-delà de l’argent, l’échange reste avant tout une affaire de confiance et de communauté. 

Image d'actualite
La rédaction, 7 janv. 2026

Décentralisation : ce que prévoit le nouvel arrêté sur l’organisation des communes

Image d'actualite
Democrate KOUDAMA, 20 janv. 2026

Décentralisation: le FACT porté à 12 milliards de FCFA pour consolider l’autonomie locale

Image d'actualite
La rédaction, 3 févr. 2026

Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales 2026 : vers une réduction des disparités entre les territoires

Image d'actualite
Democrate KOUDAMA, 7 janv. 2026

Haho 3: eau, assainissement, électricité, commerce, environnement,...